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RELEASES > LADY SLEEP > REVIEWS > FRENCH > SUR LE RING |
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L'amour selon Maximilian Hecker
Songwriter Allemand au romantisme à fleur de peau, Maximilian
Hecker fait figure de parasite dans le paysage musical outre-Rhin
où domine largement l'électronique.
En 1999, alors qu'il arpentait le bitume berlinois avec sa guitare et
son ampli, reprenant les succès d'Oasis, Maximilian Hecker n'avait
qu'un souhait: écrire une chanson "belle à en mourir".
Après avoir auparavant joué au sein de plusieurs formations
très "underground", offrant ses talents de multi-instrumentiste
(batteur, pianiste, guitariste), le jeune allemand s'attelle alors
à l'écriture d'un album. Ce nouveau venu de 24 ans est
repéré rapidement par le label allemand, Kitty-Yo. Souvenirs
heureux, souvenirs mélancoliques.
Un premier album magnifique, à la limite du pleurnichage devant sa
chaîne stéréo.
Triste et beau. En 2001, paraît "Infinite Love Songs".
Imprégnées des influences majeures de la pop britannique
d'aujourd'hui (Radiohead, Travis ...), les 12 ballades tubuesques qui
composent l'album témoignent d'un style propre et d'une
sensibilité romantique exacerbée. De délicats
arpèges de guitare ... quelques accords de piano ... des
arrangements trip-hop où viennent s'inscrire en contrepoint des
riffs orageux ... l'ensemble compose l'écrin musical où vient
se nicher la voix éthérée de Maximilian Hecker,
véritable joyau de fragilité. Comme son anglais est aussi bon
que le nôtre, on ne comprend pas vraiment ce qu'il dit mais peu
importe. Maximilian Hecker parle un langage universel qu'on a
déjà entendu ailleurs, chez Thom Yorke et Cat Power: un
langage romantique en diable qui lui permet d'offrir avec ce "Lady
Sleep" une dizaine de minipépites éblouissantes - comme des
tiroirs à trésors où l'on se cache quand on dort.
Comparable à personne sur le plan émotionnel, il réussit
avec "Infinite love songs", un premier album d'une grande maturité
avant de nous offrir un deuxième disque: "Rose". Alors cette
seconde parution, c'est avec anxiété qu'on l'attendait.
Seulement voilà, notre soif de mélodies gracieuses ne sera
qu'en partie étanchée par cet album, qui disperse ses graines
de beauté qu'en de trop rares occasions. La voix de Maximilian
Hecker reste belle, accompagne avec goûts les plus beaux titres,
mais oublie parfois les repères, et les couplets de "I am feeling
now" demeurent très laborieux. La suite de l'album se perd un peu
dans la facilité, mettant de côté la fragilité, la
sensibilité divine qui traversait le premier album, où un
refrain travaillé ne justifiait pas une chanson, contrairement aux
couplets parfois limites lourdingues du cur de l'album. Quelques
envolées instrumentales réussies rehaussent parfois le niveau,
mais il faudra attendre le crépuscule du disque pour voir revenir
quelque chose de plus convaincant, où le piano reprend le dessus,
car les guitares sur cet album ne sont que peu inspirées.
S'imprégnant d'une atmosphère désuete pour une ballade
aérienne envahie de crissements bruitistes, le songwriting de
Maximilian Hecker reprend de l'ampleur sur le très beau 'Never
Ending Days', où déambulent liberment des influences venues de
chez Faultline. Décevant au final, Rose accuse de par son manque
d'inspiration mélodique sa raréfication de passages de pure
beauté, qui ne trouveront leur place qu'en début et fin
d'album ('Kate Moss', 'Never Ending-Days', 'Rose'), pour ériger
deux magnifiques roses sauvages encardant un champ taillé d'un peu
trop près!
Son écriture fluide et les arrangements tendres font de Maximilian
Hecker, un auteur plus proche de contrées nordiques de l'Europe.
Quatre ans après son premier opus, Maximilian revient avec "Lady
sleep" et retrouver toute son aura. Dès les premières notes de
piano, on comprend que l'univers de Maximilian est resté intact
pendant ces années. Le jeune homme est toujours aussi attiré
par les belles mélodies planantes et les ambiances
mélancoliques amoureuses. L'allemand ne joue cependant pas tout le
temps la facilité. Ses chansons ne sont pas forcément
construites sur le modèle "single radio", et certains titres sont
décousus ou plus expérimentaux. Maximilian Hecker, c'est
surtout une voix magnifique, une grâce que peu de songwriters
peuvent se vanter d'approcher. Et c'est aussi une agilité technique
qui lui permet de composer des chansons magnifiques à la pelle. Les
arpèges de pianos, de guitares sont toujours aussi bien
trouvés, et aucun titre ne fâchera les fans du Berlinois. Max
Hecker ne se prend pas au sérieux, et avoue être
influencé par l'amour pour la quasi totalité de ses chansons.
Qui pourra lui reprocher? Sans s'en cacher le jeune homme sensible ne
trouve pas les mots ailleurs. Comment s'en plaindre ... Le seul reproche
que l'on pourrait faire à cet album, c'est sa ressemblance avec le
précédent: "Rose". Apparemment, le jeune homme a trouvé
sa voie (et sa voix) et n'a plus envie de bouger. Mais tant que les
chansons seront si belles, on ne pourra que s'incliner. Et puis le
prochain et premier single: "Help Me" est tout de même un petit peu
innovant par rapport aux sons utilisés ... Alors, ce petit bijou
trouvera son succès parmi les plus amoureux (ou les plus
désespérés) d'entre vous ...
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